Avis de tempête

24 Sep 2019

En proie à une agitation plus que profonde

J’ai la sensation d’être en retard sur le monde

Ou en avance – si tant est qu’il y ait un chemin

Le début d’un cercle forme également sa fin

 

J’ai pas l’sentiment d’avoir vraiment grandi

Simplement d’avoir un peu plus vieilli

Et je sais pertinemment que j’me débats avec la vie

Comme on se débat avec un sale souci à l’allure infinie

 

Et y’a des fois j’me sens prisonnière

J’me sens mal, j’me sens en colère

Dans mon corps ça gronde, ça tonne

Et souvent le tonnerre qui s’abat me rend atone

 

Y’a le poids depuis toujours de ce lourd chagrin immense

Porteur d’une extrême et dense violence

Qui, mystérieuse, se loge et habite ma poitrine

Tangible, je ressens sa morsure aux dents fines

 

Et la routine qui écrase ma crépitante énergie

Et mes démons qui s’abreuvent de mon côté ennemi

Je sais autant parfaitement pétiller que parfaitement consumer

Où est donc ce milieu qui pourrait parfaitement tout apaiser ?

 

Je suis cette antithèse sans synthèse qui passe de la furie à la fête

Je fuis les souvenirs, mais ils sont permanents dans ma tête

Je fuis l’avenir, mais il sonne comme un glas chaque matin

Je suis ce calme que l’on ne cesse d’entendre comme un refrain

 

Et si je chavire un peu trop, vais-je un jour retrouver le rivage ?

Mais, parfois, n’est-il pas mieux de prendre le large ?

Je fuis quelque chose en quête d’une autre chose

Les mots m’échappent – c’est si rare mais ça fait aussi une pause

 

Alors j’y vais à contre-courant, sinon j’me noie

J’ai cette capacité d’autodestruction que je ne maitrise pas

Pas plus que ce sentiment d’injustice quand on ne m’aime pas

J’me raccroche à quelques établis entre deux combats

 

C’est comme si les jours passés

N’étaient que du temps piètrement écoulé

J’veux pas qu’on puisse si facilement m’oublier

Alors je rature probablement vos mémoires à en les cramer

 

A croire qu’il n’y a aucune raison précise à mes angoisses

C’est quoi ? C’est l’espace ? Le temps qui passe ?

Ces deux antipodes que je ne parviens pas à griser

Et ces élans passionnés que je ne cesse de vouloir flouter

 

Faut-il implanter son propre centre de gravité

Pour attirer sa foudre à moindre danger ?

Sans doute pourra-t-elle à terme alimenter ce feu interne

Qui se meure doucement au contact de cette vie trop terne

 

Et quand est-ce qu’on arrive à surmonter les doutes ?
Quand est-ce qu’on s’ra capable de percer la voute ?

Je voudrais briller éternellement comme le soleil

Et dire adieu à mes longues pluies sans sommeil

 

J’ai cette impossibilité à accepter une autre main

La tienne, peut-être, est-elle plus douce que le mortel commun

Sauras-tu calmer et colmater mes espaces aux plaies béantes

Et les remplacer par des émotions palpitantes et chantantes ?

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