Chers futurs Bacheliers

30 Sep 2018

 

Chers futurs Bacheliers,

 

Vous voilà en Terminale. Ce n’est pas l’année la plus importante de votre vie, rassurez-vous, mais elle est un tournant dans votre existence. Vous ne vous doutez pas une seconde à quoi ressemblera votre vie une fois le Bac en poche.

 

Il y a [déjà] de cela 4 ans, j’étais à votre place – Dieu que le temps passe vite ! En cette période de rentrée, je ne savais pas vraiment encore où j’allais aller. J’étais bonne élève, aussi ne me faisais-je pas de souci en tant que tel concernant mon dossier. Et puis, je voulais faire du Droit – depuis ma 5e !, aussi pensais-je aller à l’Université, comme il aurait été logique.

 

Mais c’était sans compter sur mon manque cruel de logique, justement…

 

En Novembre de l’année de ma Terminale, j’ai découvert l’existence des classes prépa D1, parcours Droit – Economie, qui prépare au concours de l’ENS de Rennes – quand je suis  arrivée en retard le jour de ma rentrée, j’ignorais tout de cette Ecole !, en double cursus avec la Faculté de Droit – de Nantes, puisque je n’ai compris que bien plus tard qu’il y avait plusieurs prépa D1 en France…….

 

Bon, j’avoue que j’aime la difficulté aussi. Enfin je pensais aimer… Et puis je faisais un Bac ES, cela me permettait de continuer l’économie pendant encore 2 années, tout en passant mon DEUG de Droit. Parfait ? Parfait !

 

La prépa… voilà une expérience qu’il faut que je vous conte. Les deux années que cela représente sont sûrement les plus difficiles mais paradoxalement les plus intenses et incroyables que j’ai pu vivre jusqu’ici.

 

En prépa D1, j’avais 3 jours de prépa pour 2 jours de Fac par semaine. Autant vous dire qu’au début de la première année, j’étais persuadée d’aller autant à la Fac – les Cours Magistraux étant optionnels comme pour n’importe quel universitaire, qu’à la prépa – dont les cours, eux, étaient obligatoires puisque dans l’enceinte d’un lycée, avec des profs de prépa.

 

Vaste blague ! C’était quasiment impossible. J’ai même sacrifié les langues pour me hisser au niveau d’exigences en Droit – une nouvelle matière à appréhender et à apprendre, et en Economie – euh… quasiment une nouvelle matière finalement, même après un Bac ES. Pourtant, on avait le même nombre de TD et le même niveau d’exigence que les universitaires « classiques ». Mais ça se fait !

 

J’ai réellement appris à travailler. Je veux dire, à travailler en réfléchissant. J’ai rencontré des gens incroyables – mes profs, mais aussi et surtout mes camarades de galère. On fait la connaissance de personnes bluffantes, et on se dit que certains sont vraiment promis à un brillant avenir.

J’ai très vite saisi qu’entrer en prépa avec une mention Très Bien n’était clairement pas la clé de la réussite - ma première note a été un 4 il me semble... sur 20, : toute la classe est constituée de personnes réellement douées, et on comprend vite qu’il y a toujours plus fort que soi. J’ai appris à relativiser, et ce surtout concernant les notes. Non, obtenir un 8 en dissertation ne signifie que l’on est nul(le), seulement que le travail produit à un instant T n’était pas ce qui était attendu, et qu’il faut persévérer – parce que oui, ça pourrait être pire que 8 après tout….

 

J’ai eu la chance d’avoir une classe merveilleuse, avec une entre aide assez hors-du-commun, des liens très soudés. Une telle entente a permis d’avoir 10 admissibles à l’ENS pour notre promo, ce qui nous a placés en premier parmi toutes les prépas D1 de France. Une prépa, ce n’est pas de la concurrence, au contraire : c’est impossible de réussir si l’on n’apprend pas à compter les uns sur les autres. Je vous assure.

 

Le premier jour de première année, notre prof d’éco nous a annoncé que durant les deux années qui suivraient, nous allions devoir « apprendre à désapprendre ». Au début, c’était flou dans nos esprits de jeunes bacheliers. Puis au fil du temps, des exercices, des dissertations et kholles… on a commencé à comprendre. La prépa m’a entièrement détruite, au sens propre comme au figuré – elle a détruit tout le monde à sa façon, plus ou moins. Mais elle m’a aussi reconstruite… j’ai récupéré une grande confiance en ma manière de travailler, de gérer le stress. Je n’ai plus vraiment d’appréhension quand je vais en partiel désormais, comme si « j’ai fait une prépa, plus rien ne peut m’arriver de pire » - ce qui est quand même quasi véridique… surtout après avoir appris un demi-semestre de Droit Administratif à 4h du matin pour un contrôle à 8h.

 

Une autre phrase fétiche de notre prof d’éco était « qui peut le plus, peut le moins ». C’est extrêmement parlant, parce qu’une fois que l’on sort de prépa, on prend le recul nous permettant de voir tous les progrès incroyables que l’on a réalisé, et surtout l’apport immensément riche de cette orientation PostBac. Cette phrase nous faisait un peu sourire quand il la citait en cours, mais il était clairvoyant. Il faut faire confiance en les profs de prépa : ils ne sont pas parfaits, mais ils sont là pour que nous réussissions, pour que l’on donne le maximum de nous pour atteindre nos objectifs.

 

Tout le monde n’est pas capable de faire une prépa, il faut être clair. Mais honnêtement, je ne m’en pensais guère capable, et je me suis découverte dans cette adversité que je recommencerais avec plaisir – enfin, je crois. Alors il ne faut pas se mettre de barrière : la prépa nous révèle. Je sais que nombre de mes camarades de galère se sont retrouvés comme démunis après la prépa, comme détruits par elle. Je suis persuadée qu’ils ne mesurent pas encore ce dont ils se sont dotés pour la suite dans l’adversité – même plus d’un an après.

 

J’ai appris que la fatigue n’était rien par rapport à l’épuisement, lequel n’était rien non plus comparé à l’harassement, ni même ce dernier à l’éreintement : on peut toujours être plus exténué qu’on ne l’a jamais été. J’ai beaucoup pleuré, j’ai eu des moments de découragement, de remises en question, d’intenses réflexions sur mon orientation, je l'ai maudite au moins un millions de fois… Mais au-delà de tout ça, j’ai surtout appris à me dépasser, et repousser encore et toujours plus mes limites – qui n’ont jamais été aussi extensibles de mon existence, et qui je pense ont encore un peu de flexibilité sous le coude, en cas de besoin.

Et c’est ça qui est génial, et que j’ai adoré expérimenter durant ces deux ans : l’effort dans la durée. Le réel effort, celui qui ne paie pas toujours à la fin, parce qu’en prépa, il n’est jamais assuré d’obtenir la réussite d’une bonne note. C’est le challenge que j’ai voulu relever, et je pense aujourd’hui pouvoir affirmer l’avoir accompli. Et vous savez quoi ? C’est sûrement l’une de mes plus grosses fiertés à l’heure actuelle !

 

Si je devais le refaire, je le referai avec autant de passion, de plaisir, de motivation (et de pleurs et de doutes, aussi, hein…) qu’au tout début, lorsque j’ai débarqué en retard le jour de la rentrée, fraichement diplômée du Bac. Et tout cela, toute cette stimulation intellectuelle, me manque beaucoup aujourd’hui. J’apprends autrement, et autre chose désormais.

Mais vraiment, avec du recul… c’était une chouette période, même si pour cela, je me levais à 4h du matin et dormais 5h par nuit !

 

N’ayez pas peur, chers futurs bacheliers ! L’avenir est quelque chose que l’on construit pierre après pierre. Le Bac est votre première épreuve en tant que telle dans le monde « des grands » - même si vous avez déjà commencé à l’appréhender en Première pour nombre d’entre vous. Ayez confiance en vous et en ce que vous allez apprendre cette année, vous serez prêts pour la suite, c’est certain !

 

 

Signé : une bachelière qui commence à se faire de plus en plus ancienne

 

 

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