Lil'Sis'

9 Sep 2018

J’étais une, et on m’a dit « non, vous serez deux »

Qui étais-tu, toi, pour investir mes lieux ?

J’ai réalisé, non sans une once d’intense incompréhension

Que pour toujours il me faudra partager ma maison

Et qu’une inconnue allait porter le même nom

– Tristesse sourde face à une telle invasion

Colère de n’être plus jamais seule et tranquille

Vengeance pour avoir fait chavirer ma vie, mon île

 

J’suis arrivée, ingénu nourrisson, sans rien demander

Tu m’as aussitôt détestée et rejetée, reniée

De toi, je n’ai connu très vite qu’une forme de cruauté

Mon existence, tu me l’as chèrement fait payer

Mais moi, je savais voir au-delà de ton hostilité

Grande sœur, toi aussi tu te questionnes depuis que tu es née

Quels sont nos rôles respectifs dans l’Univers ?

Quelle place légitime nous créer sur cette Terre ?

 

Au fil du temps, je me suis forgée une solide armure

Entre nous et contre toi, j’ai érigé bien des murs

Je n’ai jamais cherché à être l’exemple de quelqu’un

Mais pourtant, toi, il fallait que tu me ressembles à la fin

Et moi je niais tes différences, pour te nier personnellement

Quel était donc ce mythe de s’aimer instantanément ?

Ainée, on m’a imposé un rôle dont je ne voulais pas

M’a-t-on seulement demandé si je souhaitais veiller sur toi ?

 

Il est vrai, je n’ai été accueillie que par ta violence

Tandis que d’autres étaient baignés dans la bienveillance

Un service selon toi : le monde serait aussi dur que mon enfance

A mon égard, tu ne faisais que très peu preuve de clémence

– Souvenir encore du jour lorsque tu as dit que tu ne m’aimais pas

C’est ainsi que tu t’exprimes, parfois sans le moindre émoi

J’ai tardivement compris et apprivoisé cette haine

Parce qu’à toi aussi, il faut savoir déchiffrer tes peines

 

Pourquoi partir, pourquoi te fuir

Tu n’étais pas cet ennemi qui cherchait à m’envahir

Je t’ai perçue comme un poison qui gâche et ronge la vie

Mais j’ai compris que tu pouvais être un cadeau, aussi

Mon inconsciente hantise de l’abandon a guidé mon âme

Et nous a distinctement forgées en tant que femmes

C’est ma faute, je t’ai appris à ne pas m’aimer

Mais rien n’est perdu, même si notre relation a mal débuté

 

Pourquoi partir, pourquoi me fuir

Ton amour fraternel passait à travers tes mots durs, tes tirs

J’aimais ces parenthèses où l’on jouait ensemble

Bien que trêves instables – à y penser encore j’en tremble

Véritable bonheur quand tu t’intéressais à moi

Reconnaissance, car je me pensais indigne d’intérêt pour toi

Emerveillement quand on riait sans arrière pensée

Souvenirs gravés : tu es parfois capable de tant de beauté

 

Sache que quoi que tu fasses, quoi qu’il advienne

Où que ton chemin, même hésitant et incertain, te mène

Aujourd’hui, je suis là ; je tâcherai d’amenuiser tes peines

Main dans la main, toutes deux, pour que tu y parviennes

Jeune adulte, je te sais hantée par tant de peurs

Mais viens, tu peux les braver maintenant, il est l’heure

Colmatons ces blessures que je t’ai faites au cœur

Parce qu’au fond, je te chéris, ma sœur

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