Partir.

20 Jul 2018

 

Je suis petite fille d’un grand voyageur.

 

Mon grand-père parcourait déjà le monde alors que je n’étais pas encore née. Ce n’est pas Christophe Colomb, mais presque ! Il a commencé ses voyages grâce à son service militaire, lors de ses 20 ans – mon âge aujourd’hui, donc, et s’en est retrouvé grandement enrichi. Parcourir le monde ne fait-il pas rêver ?

 

Je marche alors dans ses pas.

 

Je pars en Australie le 26 septembre, je pars à la rencontre de la vie et du monde. Je veux dire… je pars toute seule à l’autre bout du monde !!!!

Personne – et pas même moi ! n’aurait pu parier sur une telle décision venant de ma part !

Je n’ai guère l’âme d’une grande aventurière, mais je porte le voyage dans mes gènes, je devrais pouvoir m’en sortir, je crois.

 

La décision.

 

J’ai toujours été une élève sérieuse, qui a toujours fait ce qu’on lui demandait de faire, toute seule, autonome ; mais je crois qu’il est grand temps que je sorte de la théorie, et que j’aille me forger ailleurs qu’assise sur une chaise.

 

Après avoir obtenu ma licence de Droit mention Bien dans le cadre d’un triple cursus qui fait suite à une classe préparatoire en double cursus, j’ai donc arrêté mes études. Du moins les ai-je mises entre crochets. Une vie ne peut se résumer à un CV bien rempli, contrairement à ce que l’on semble croire en France.

 

Durant mes années de prépa, j’ai eu l’impression de vivre 5 années d’études en l’espace de 2 ans seulement. Aujourd’hui, j’ai trop de ras-le-bol, de pesanteur, trop d’hésitations et d’incertitude : il faut que je prenne du recul. J’ai trop de colère en moi pour faire les choses bien, j’ai perdu patience envers le genre humain. Donc je m’en vais pour m’apaiser l’esprit, et revenir le cœur ouvert et gonflé d’altruisme.

 

Alors me voilà à travailler cet été pour financer ce voyage, à vendre des vêtements, à trier mes affaires pour les faire tenir dans mes 30 kg de soute autorisés… avec toujours cette question « quand tu pars un an à l’autre bout de la planète, que faut-il emmener ??? », en oubliant souvent que je ne pars pas dans un pays très différent d’un point de vue développement économique, et que je peux aussi trouver des choses sur place.

 

L’indécision.

 

Il y a des fois où je me sens plus que prête. Prête à affronter l’inconnu, à partir en vadrouille, à parler anglais. Prête à en prendre plein la vue, prête à partir pendant un an au bout du monde sans connaitre ni rien ni personne. Prête à construire toute seule mes journées, au gré de mes envies, de mes rencontres. Prête à m’adapter à un mode de vie différent, à une culture différente, à un pays différent ayant une Histoire différente. Prête à assumer les dépenses qu’incombe ce voyage, aussi.

 

J’ai des fourmillements d’excitation à l’idée de me connaitre autrement, à l’idée d’apprendre du monde et même d’apprendre le monde.

 

Et il y a d’autres fois où j’ai le souffle coupé devant l’envergure de ma décision. Dans mon for intérieur raisonne : « mais dans quoi me suis-je encore fourrée, moi ? ». Je ne me sens pas prête du tout. Je doute que ce soit fait pour moi. Une telle aventure ne me ressemble pas, pourquoi ai-je décidé de quitter ma zone de confort, moi, déjà ???

 

De tout façon, c’est trop tard, j’ai pris mon billet !!! Première escale à Singapour, histoire de se mettre en appétit. Je ressens un mélange de hâte et de trouille terrible. Mais allez, sautons à pieds joins dans le vide !

 

Vivre.

 

En fait, j’ai envie de profiter de cette année sabbatique pour faire des choses que je n’ai encore jamais eu le temps de faire et que je voudrais faire, connaître des expériences que je ne revivrai peut-être jamais plus par la suite, me concentrer sur des projets auxquels je n’avais plus de temps à accorder, ou pas encore de temps à accorder. C’est l’occasion d’une véritable pause pour faire plus encore !

 

Lorsque j’étais en prépa, en seconde année, pour tenir et me donner du courage, j’avais écrit ma « To-do-list de la vie » que j’avais affichée sur mon mur, face à mon bureau (mes colocs vous le confirmeront). Je me disais qu’après la prépa, la vie et la liberté m’attendaient. Un an plus tard, je me rends compte que finalement je n’ai pas vraiment le temps de réaliser cette liste… je sais bien que j’ai justement toute la vie, mais j’avais le sentiment de passer à côté de cette dernière tout de même. Me voilà donc en route pour de nouvelles aventures !!!

 

Alors j’imagine qu’on n’est jamais assez prêt.

 

Mais parfois, il faut cesser de se poser trop de questions – et je suis bien placée pour le savoir. Je sais pertinemment que ce voyage, avant même de l’entreprendre, va me changer, peut-être pas radicalement, mais en grande partie tout au moins. Et c’est d’ailleurs ce que je souhaite ! Mais d’un autre côté, je sais aussi que lorsque je reviendrai, vous tous aussi aurez changé… le temps aura passé de mon côté, mais du vôtre également… Vous aurez forgé des souvenirs sans moi, tout comme j’aurai forgé des souvenirs sans vous. C’est une forme de tribu à payer. Mais apparemment, cela vaut largement le coup !

 

Je vous embarque avec moi ?

 

 

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