Soi

12 Aug 2018

Notre être est d’une complexité captivante. Suis-je écrivain ? Reste écrit-veine.

 

Je crois qu’en moi couve un orage furieux qui gambade sous mon épiderme. A fleur de peau. Une tourmente tempête dont la pluie torrentielle peut survenir à chaque instant.

Un embrasement proche de la folie me guette, mais c’est cette perspective de me promener sur le fil du rasoir qui m’électrise. Phénix, je n’ai pas peur de la fournaise, pourvu qu’elle soit vivante.

 

Viens, prends ma main. A deux l’impossible n’en demeure pas moins irréalisable, mais il parait plus doux à l’esprit d’un torturé. Prends ma main, et grimpons au sommet de la Voie Lactée pour y faire du toboggan. L’insouciance enfantine nous a quittés il y a bien longtemps. Quelques regrets peuvent s’éparpiller au gré des courants vides que l’on rencontre. Ondulations secrètes.

 

Plusieurs lambeaux de chairs se sont accrochés à mes songes ; penses-tu pouvoir courir sur les nuages à en perdre haleine ? J’aimerais te voir danser dans un volcan à l’infernale démesure.

Je voudrais nager jusqu’à l’Atlantide pour m’évaporer dans une pluie d’étoiles filantes. Toucher le firmament et constater une poussière azure luire sur ma paume, comme les écailles des ailes de papillons. Dans un fluide gracieux, les espérances humaines se vident d’instantanéité.

 

Comment peux-tu me voir alors que je m’efface ? Je ne suis que de réminiscences. Mon empreinte vitale se résumera au fantasme de l’indécence divinement floutée. Une rage sourde chemine et s’échine le long d’une veinure aphone, gonflant ce refus de la peur et marbrant mon âme.

 

Chéri, comment sais-tu que je respire alors que je retiens mon souffle ?

 

Comment peux-tu affirmer m’aimer, alors que tu n’as pas même seulement idée de mon existence ? Que toi-même tu t’infliges le châtiment de la désillusion ? Il n’y a de dangers que ceux que l’on ne mesure pas pleinement.

 

Ecoute comme le silence est mélodieux à l’oreille. N’est-ce pas la symphonie la plus complète que l’on n’ait jamais entendue ? N’est-ce pas la perfection de l’onde que l’on perçoit là ? Ou peut-être ai-je été trop étourdie par le bruit. Je n’ai de cesse de penser que la vie n’a aucun sens face à l’extrême volatilité des sens.

 

Je vis à travers vous, à travers toi, à travers le monde. Venimeuse, fondante, fantomatique, je serpente entre vos interrogations et opinions, à la recherche d’un affranchissement certain de l’éther. Mais la passion se joue de tout, déjoue et rejoue son ardeur à travers des méandres où l’on aime se perdre. En-fume-moi.

 

J’ai envie de toi, mais tu ne sembles n’être qu’une chimère onctueuse. Une pépite peut-elle avoir la taille d’un océan ? C’est l’exception. Peut-être une condition inconditionnelle. Il n’y a que ton regard qui, seul, peut m’habiller. Tel un bijou lumineux, donner un éclat à la couleur blême et diurne de ma peau. Je me languis du déraisonnable.

 

Intransigeants contrastes.

 

Peut-on parler d’une volonté d’abandonner ? Est-ce ne serait-ce que concevable ?

 

L’amour peut-il être souffrance, désastreux ? Impudique.

 

Graduellement, je cours à la verticale, avec une furieuse envie de m’arrêter. De m’ancrer ; voire m’encrer – de ton nom. Quel qu’il soit, il résonne furtivement en moi, avec une étrange et profonde justesse.

 

Tu sais. Ma fragilité, ma faille qui persiste, qui sème ses déclinaisons par-delà mes euphories. Alors fais-moi vibrer. Fais-moi frissonner. Fais-moi vivre. Ce sont les aspérités de la personnalité qui gagnent à être relevées. Fascination. Je veux me perdre en toi dans un insondable non-retour.

 

Abandon. Je t’attends.

 

Je m’ignore, je m’affronte. Peut-on allier le désordre et la paix ? Associer troubles et stabilité ? Réunir envie de crever et jouissance ? Fusionner discorde et renaissance ?

Quid de la résonnance et de la langueur ?

Mourir, est-ce vivre une seconde fois ? La libération de la condition humaine ? La résolution d’une promesse venant d’un inaccessible au-delà infini ?

 

Clair-Obscur. L’aube est douce, mais le crépuscule virulent.

 

L’éclipse est sans doute le phénomène le plus fascinant qui est donné à voir sur cette infime portion du monde. Pourquoi la lumière se cache-t-elle dans la nuit ? Vainement, le lumineux cherche une place dans l’ombreux. Sont-ce incompatibilité et nul combat ?

 

Des flammes glacées se frôlent et dansent sur une surface patinée.

Sais-tu lire dans la prunelle de mes yeux, dans mon cœur, dans mon âme ?

Qu’y vois-tu ?

Y discernes-tu ce feu prisonnier qui m’habite, celui qui couve, en ébullition, prêt à déferler en ras-de-marré, au bord de ma conscience ?

 

Il y a du velours sur mes lèvres ; ourlées d’un voile vermeil, elles vénèrent un arc-en-ciel. Harmonisons les évidences, affrontons les frontières.

 

Une question, sempiternelle ; savez-vous comment peut-on être singulier et pluriel à la fois ?

 

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